[Critique] Millenium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes

Millenium, impossible en ce moment de le rater tellement la réclam’ qui en est faite est grande: sites, affiches… Mais en dehors de ce qui préfigure une (énième) épopée héroïque à l’américaine, que peut-on retenir de ce film?

Réalisé par David Finscher, à qui l’on doit de grands succès comme The Social Network (qui sans être exceptionnel a quand même un coté intriguant), ou encore L’étrange histoire de Benjamin Button, avec un budget de 100 millions de dollars américains, et avec le concours de Daniel Craig (James Bond) et Rooney Mara (vue dans The Social Network), on ne peut s’attendre qu’à une petite bombe, et effectivement, c’est ce que l’on a.

Tout commence avec un vieil homme discutant de façon énigmatique au téléphone… puis vient le générique, et quel générique! Il est tout bonnement superbe, et a le mérite de nous mettre dans l’ambiance. Vous vous souvenez du générique de James Bond, Le monde ne suffit pas? Et bien c’est avec des éléments similaires qu’il a été créé, une substance noire enrobe tout élément capable de se mouvoir, coule langoureusement, s’enflamme. Ajoutez à ceci une remix de Led Zeppelin et leur titre Immigrant Song, l’enthousiasme que suscite ce générique est étonnant.

Mais ne commentons pas uniquement le générique, surtout pour un film qui se paie le luxe de durer deux heures et demie. deux heures sombres et délectables: on y découvre un homme (Mikael Blomkvist, Daniel Craig) à priori brisé, prit dans la tourmente suite à la perte d’un procès menaçant sa carrière et la fragile santé économique du quotidien Millenium, pour lequel il travaille.

Parallèlement,  une jeune assez perturbée (Lisbeth Salander, Rooney Mara), se débrouille dans la vie en faisant des enquêtes très poussées pour le compte de clients fortunés. Placée sous tutelle depuis son adolescence, elle ne peut bénéficier de son argent comme elle l’entend et doit rendre des comptes à un assistant social dont l’activité sexuelle ne doit être assurée que par l’intermédiaire de son job…

Un jour, un puissant industriel veut s’offrir les services de Mikael pour retrouver un membre de sa famille. On découvre alors une famille brisée, personne ne semble parler à personne, les idéologies se percutent, certains sont d’anciens Nazis, d’autres assez ouverts, certains manipulateurs (inutile d’en dresser une liste exhaustive, je vous perdrais) … mais enquêter seul ne va pas suffire, alors que la pression monte autour de ses investigations, il va demander de l’aide à celle qui a réalisé une très poussée enquête sur lui: Lisbeth.

Je n’envisage pas de vous casser le suspens, aussi, je ne vais pas détailler davantage le scénario. Examinons plutôt le jeu des acteurs, Daniel Craig tout d’abord, qui contrairement aux traits de super-héros qu’on lui prête grâce à M, se veut ici assez fragile, il essaie de garder une vie normale après sa défaite devant les tribunaux, et, attiré par l’idée de se venger, va se jeter dans l’incertitude. L’acteur reste quand même en mesure de donner une certaine droiture au personnage, qu’à bien des reprises il aurait pu perdre, une certaine poigne émane de son jeu, et on y adhère vraiment. Rooney Mara se veut noire, bien au delà du maquillage, son personnage, perturbé je le rappelle, est rendu intriguant, et assez vite, on se plie à son jeu: que fait-elle, pourquoi, comment, jusqu’où peut-elle aller, pendant combien de temps va-t-elle tenir, … autant de questions auxquelles le site va donner une mesure d’importance grandissante, de la petite fille associable, on passe à une justicière sans remords, prête à faire régner l’ordre, et surtout à gagner du respect.

L’enquête, puisqu’il en est question tout au long du film, est vue comme un puzzle, mélangé à d’autres puzzles. Une pièce est un bout de papier avec des notes, l’autre est une Bible, des photos complètent le tout. Toutes ces pièces s’assemblent et finissent par converger vers un seul point, que les deux héros vont découvrir de façons différentes, et surprenantes. Mais dans cette symbiose de pièces, se trouvent des embûches de poids incarnées dans les personnages, certains vont aider, d’autres retarder. Et si le secret reposait dans la foi?

Concernant la bande son, et bien c’est une merveille, la musique accompagne les moments importants du film, qui, si l’on considère que les instants sans musique, est relativement plat; réellement, la musique vient pimenter l’enquête. Et puis avec de grands titres, on en prends plein la vue, euh, les oreilles plutôt. Deux titres que j’ai particulièrement aimés:

  1. Immigrant Song – Karen O, Atticus Ross, Trent Reznor
  2. Is your love strong enough ? (une merveille) – How to destroy angels
  3. Des extraits des autres titres sont disponibles ici.

Donc pour mon avis personnel et global, je dirais que ce film est une réussite, autant au niveau de l’intrigue, que du haut niveau de jeu des acteurs, qui honnêtement, est de plus en plus rare dans les grosses productions. Je recommande donc ce film plus qu’avec enthousiasme, en revanche, si vous avez l’âme sensible, passez votre chemin, le film est d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans, certaines scènes peuvent choquer.

Millenium – Les hommes qui n’aimaient pas les femmes – 18 janvier 2012 – Sony Pictures 

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