Les infidèles: la critique

Jean Dujardin surfe actuellement sur un succès mondialement reconnu: The Artist. Mais on oublie trop vite qu’un autre film dans lequel il joue est sorti le 29 février: Les Infidèles, distribué par Mars Productions. Et pourtant, il serait judicieux de s’y pencher. D’autant plus que les affiches premièrement  publiées du film ont fait scandale:certes on y voyait des positions communicatives, mais pas de quoi en faire un fromage, d’autant plus que le cinéma a vu bien pire.

Mais passons, les Infidèles, c’est l’histoire d’hommes qui ne se contentent pas d’une seule femme. Plusieurs angles de vision sont abordés, parfois sous l’égide de l’humour, comme Guillaume Canet jetant vigoureusement son chien par la fenêtre car celui-ci eut le malheur de tenir entre ces dents un fromage un préservatif. L’angle sentimental et dangereux d’une double-relation est également examiné, via un personnage assez touché, par une maitresse qui ne semble pas se soucier de lui, par une femme qui en a marre qu’il regarde ailleurs… Un bon cocktail de questionnement et de mensonges donc en perspective.

Concernant la mise en scène, on ne suit que des hommes adultèrophiles, si bien que l’on peut se surprendre à les confondre. Leur soif de sexe les pousse à aller dans des endroits variés et dans lesquels la caméra évolue à son aise, jouant avec les couleurs, les profondeurs et (j’ose!) les rondeurs. Les musiques communiquent également sur l’état d’esprit des personnages, et c’est loin d’être subtil, elles sont presque toutes en français.

Concernant le scénario, écrit au passage par 5 personnes dont Jean Dujardin et Gilles Lellouche, il aborde certes l’adultère, mais se pose également des questions plus profondes, si ce n’est pas au moins moins conventionnelles. L’adultère est souvent vu comme « un truc d’homme », le film suppose qu’il peut aussi être féminin, dans ce cas, la réaction masculine à un tel aveu est-il disproportionné par rapport à la réaction féminine dans la même situation? Se pose également la question de l’amour du sexe (sans mauvais jeu de mot), est-il inné, normal, obligatoire? La question de l’amour tout court -et la légitimité qu’il donne à la monogamie- est abordée, sous plusieurs angles.

Typiquement français (le vrai film français, qui peine encore à revenir), les personnages se veulent attachants, drôles, expressifs, communicatifs, comme dans les Intouchables. Pas de super-explosion-hyper-atomique qui va détruire le monde non plus, on fait dans le concret.

Maintenant, passons-nous un bon moment devant ce film? La réponse pour moi est clairement oui, j’aime en effet les films qui appuient là où sa fait mal, sans détour ni fioritures. Quand à cela on peut ajouter de l’humour qui ne soit pas estampillé « made in USA », on obtient quelque chose de génial. Maintenant, les scènes quelques peu très dénudées peuvent en rebuter certains, j’avoue que c’est dommage tellement les problèmes soulevés par ce film sont d’actualité. Je recommande donc, à public averti.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>